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Le plus grand mystère de l’Histoire dévoilé, Christian Jacq nous révèle les origines de l’Egypte


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Parmi les nombreux mystères concernant l’Egypte ancienne et touchant à l’histoire de l’humanité tout entière, il en est un qui a toujours intrigué : comment est née cette civilisation qui, pendant plus de trois millénaires, fut un foyer de spiritualité et de création artistique inégalé ? De récentes découvertes ont permis de lever un coin du voile… Plongez à travers cette interview du célèbre égyptologue et romancier Christian Jacq au cœur de ce grand mystère, si fascinant et bouleversant…

Loïc Albisetti : « A travers votre dernière saga « Et l’Egypte s’éveilla » (en trois tomes), vous levez pour le monde entier un pan du voile qui recouvrait le grand mystère de ce que l’on appelle aujourd’hui la « Dynastie 0 » ou « Comment l’Egypte est née à la vie »…
Pouvez-vous nous dire à partir de quand nous avons pu lever ce coin du voile qui recouvrait et recouvre encore en partie cette grande énigme de la naissance de l’Egypte ? Quelles sont les découvertes fondamentales qui ont permis d’éclairer sous un nouveau jour l’un des sujets les plus fascinants de l’Histoire ? Sujet qui a donné naissance à la fabuleuse épopée que vous nous offrez à travers cette nouvelle saga ?

Christian Jacq : Tout a commencé dans les années 60 (du 20ème siècle), sur le site archéologique d’Abydos, lorsque l’égyptologue allemand Günter Dreyer fit la découverte inespérée du chaînon manquant qui reliait les mythiques « Suivants d’Horus » (dont nous n’avions aucune trace archéologique) au premier Pharaon d’Egypte. Ce dernier, historiquement connu sous le nom de Narmer (puis Ménès quand il devint Pharaon), laissa derrière lui un témoignage fabuleux qui, outre la découverte des origines de l’Egypte, nous a également permis de découvrir l’origine de l’écriture dans notre monde.
En effet, alors qu’un « match » entre égyptologues et sumérologues était engagé depuis des décennies pour savoir qui des égyptiens ou des sumériens étaient les véritables pères de l’écriture, la découverte de Günter Dreyer semble avoir mis fin au débat en donnant l’avantage aux égyptiens ; les hiéroglyphes qu’il découvrit dans la tombe dudit « Roi Scorpion »* remontant à environ 3500 ans av. J-C !
*Celui qui est maintenant connu grâce aux films de science-fiction comme le terrible « Roi Scorpion » n’était en fait qu’un chef de clan et n’a jamais était un roi ; le premier roi et pharaon d’Egypte étant Narmer, appelé aussi Ménès. (Note du rédacteur)

LA : Mais alors, que savions-nous des origines de l’Egypte avant ces découvertes de Günter Dreyer dans les années 60 ?

CJ : Et bien justement pas grand-chose ! On se doutait bien que quelque chose d’extraordinaire avait du avoir lieu, suscitant d’ailleurs dans divers milieux les hypothèses et interprétations les plus extravagantes, jusqu’aux invasions extraterrestres ! Aujourd’hui enfin, ces nouvelles découvertes ont coupé court à toutes ces interprétations et débats subjectifs. Nous pouvons ainsi comprendre un peu mieux comment le miracle de la naissance de l’Egypte s’est produit.

LA : Cela nous ramène à l’Egypte avant l’Egypte, la fameuse « Dynastie 0 »… Quelle population vivait alors sur ces terres au destin unique au monde ? Quels étaient leurs mœurs et croyances, leur mode de vie ?

CJ : Et bien, cette « Egypte avant l’Egypte » était déjà tout à fait étonnante car on y découvre une civilisation et un peuple très avancés dans de nombreux domaines : une agriculture très riche y était déjà développée, notamment le culture des champs de blé et de nombreuses autres céréales ainsi que des vignobles en abondance ; nous y trouvons également les traces d’une médecine qui révèle une connaissance profonde de l’homme. Ils possédaient et maîtrisaient également la fabrication de nombreux outils pratiques et étaient doués d’un grand raffinement, notamment dans l’art de la table. Ils appliquaient même des mesures d’hygiène que nous autres occidentaux, n’avons connu et su appliquer que plus de cinq millénaires après nos ancêtres égyptiens !
Quant à la population, elle était déjà marquée par la richesse de sa diversité. Par sa position intercontinentale, l’Egypte a toujours abrité une population cosmopolite, composée d’un métissage né de l’union entre hommes et femmes venus d’Afrique noire, d’Europe, de Perse, etc .

LA : Comment cohabitaient ces différents peuples au sein de cette ancienne terre de « l’Egypte avant l’Egypte » ? Etait-ce une cohabitation pacifique ou plutôt guerrière et hostile ?

CJ : En fait, l’Egypte n’était pas divisée suivant des critères de races car toutes s’étaient plus ou moins mélangées dans une harmonie globale. Les êtres qui peuplaient cette terre vivaient en clan, d’où le nom de mon premier tome de cette saga : « La guerre des clans ». Chacun de ces clans était dépositaire et gardien de la magie et du génie d’un animal en particulier. C’est ainsi que l’on a retrouvé dans les documents d’Abydos, les traces de l’existence et de la cohabitation relativement pacifique en Egypte de plusieurs clans d’animaux tels que gazelle, cigogne, crocodile, lion, taureau , oryx, chacal, éléphant, scorpion, coquillage, etc..

LA : Quels rapports entretenaient ces clans avec les animaux dont ils étaient les représentants ? Peut-on comparer le mode de vie et la vision du monde de ces clans au chamanisme ou à l’animisme qui sont pratiqués dans de nombreux peuples premiers ?

CJ : Effectivement, chaque chef de clan était une sorte de chaman, un(e) prêtre(sse)-magicien(ne), qui par son alliance magique avec l’intelligence et l’âme de l’animal totem de son clan, unissait ce dernier à l’une des grandes forces créatrices de l’univers, à une facette du grand Dieu créateur, Atoum*. Ainsi, à travers le culte des animaux, que l’on pourrait considérer à tort aujourd’hui comme un culte païen ou polythéiste, ces êtres rendaient un culte, un hommage à l’une des grandes puissances créatrices à travers lesquelles Atoum, le Dieu des Dieux créa l’univers, les hommes et la terre.  

*Atoum est le premier nom que les égyptiens ont donné à Dieu, au grand mystère de la vie, à la Source de la vie. Ce nom d’un Dieu unique révèle que le monothéisme existait déjà bien avant Akhenaton, Moïse ou Jésus et qu’il ne peut être séparé et mis en opposition avec le polythéisme ; ce débat relève tout simplement d’une incompréhension et d’une ignorance de la sagesse antique qui a toujours parlé d’un Dieu unique, d’une Source universelle d’où sont sortis tous les Dieux, les hommes et toutes les créatures peuplant l’univers visible et invisible. (Note du rédacteur)
Ce culte sacré des animaux montre la profonde connaissance de l’homme qu’avait ce peuple, comme de nombreux peuples et traditions. En effet, ces Egyptiens d’avant l’Egypte savaient que l’homme est un être duel, ambigu, capable de trahir, de mentir, de tuer, de voler alors que l’animal est pur : le taureau ne va pas devenir une chèvre et le lion reste un lion, quoi qu’il puisse arriver dans sa vie ; l’animal est essentiellement vrai et authentique, entier et ne trahit jamais sa nature profonde. C’est pourquoi cette ancienne humanité a divinisé l’animal ; non pas que ces hommes se plaçaient en-dessous de l’animal mais ils étaient conscients que l’animal vit en l’homme et que si ce dernier n’honore pas l’intelligence divine et les vertus sacrées qui sont dans l’animal, alors, il demeurera un être grossier, incomplet car inconscient des forces qui vivent en lui et incapable de leur rendre leur vraie nature, leur divinité. N’est-ce pas là la vision et l’expression d’une véritable écologie ?

LA : Quel a été le premier clan qui régna dans cette « Egypte avant l’Egypte » ? Comment est née cette guerre des clans qui constitue la trame de fonds de toute votre saga et qui apparaît comme l’élément déclencheur de la naissance de l’Egypte ?

CJ : Historiquement, le premier clan qui régna sur l’Egypte fut le clan Gazelle qui était une tribu gardienne des vertus de la paix, du dialogue et de l’harmonie entre les êtres. Ce clan joua d’ailleurs par la suite un rôle fondamental dans le maintien de la paix sociale entre toutes les différentes tribus qui se formeront et apparaîtront au fil des siècles.   
Puis, environ 3500 ans av. J-C, des dissensions, des désaccords apparurent entre certains clans qui s’allièrent progressivement les uns contre les autres, malgré de nombreuses tentatives de conciliation par les représentants des clans à tendance pacifique tels que Gazelle, Cigogne, Eléphante ou Chacal. Ainsi éclata à cette époque, la guerre des clans…

LA : Comment l’Egypte a-t-elle pu émerger comme une nouvelle civilisation unifiée au milieu d’un tel chaos qui semblait annoncer davantage la division et la destruction finale de ce pays plutôt que son unification autour d’un Pharaon ? Comment expliquez-vous la fulgurance de cette naissance de l’Egypte à travers Ménès, le premier Pharaon d’Egypte ?

CJ : Tout laisse à penser que cette naissance ne s’est pas produite d’un seul coup, comme par enchantement. Certains égyptologues disent que tout s’est déroulé sur environ un demi millénaire ; d’autres, comme moi, penchons pour une centaine d’années, donc une création tout de même très rapide, quand on connaît la grandeur de la civilisation et le génie inégalé de l’institution pharaonique qui apparurent donc assez soudainement.  

Ce qui est certain, c’est que l’ascension du jeune Narmer au rang de Pharaon a été effectivement fulgurante et reste à elle seule un grand mystère, tant l’œuvre de cet homme fut gigantesque et surhumaine. Mais pour bien comprendre l’ascension de cet homme et sa mission, il ne faut pas l’isoler d’un contexte qui semble avoir été préparé de longue date et en pleine conscience. Tout laisse également à penser qu’il y avait autour de Narmer un cercle d’initiés, des sages qui le soutinrent dans sa mission. Leur but était de permettre l’avènement d’un homme qui serait sur la terre le représentant du monde divin, Dieu incarné et incarnant tous les Dieux ; c’était une volonté impersonnelle, basée sur une science sacrée, issue d’une tradition immémoriale.

En étudiant de près le contexte historique et tous les événements qui ont conduit à l’avènement du premier Pharaon puis à la naissance de l’Egypte, il apparaît effectivement assez clairement qu’une volonté supérieure s’est manifestée à travers un groupe d’hommes et de femmes dans le but d’unifier tous les génies animaux des différents clans en un seul corps royal, dépositaire et gardien de cette volonté suprême. La pyramide et le Sphinx représenteront d’ailleurs plus tard à la perfection l’intelligence de cette volonté divine qui s’est manifestée en Egypte à travers l’institution pharaonique.

LA : Qui était Narmer ? Que signifie son nom ? Revêt-il une importance particulière et est-il lié à sa mission et à l’œuvre grandiose qu’il a accomplie en tant que premier Pharaon ?

CJ : Effectivement, le nom d’un Pharaon revêt une importance capitale car il définit son rayon, sa mission mais aussi la nature de son règne et le programme de son gouvernement. Celui de Narmer, « l’aimé du poisson-chat », se compose de deux hiéroglyphes : nâr, « le poisson-chat », et mer, « le ciseau du sculpteur ».

Nâr, « le poisson-chat », appartient donc au monde de l’eau mais est également capable de s’adapter à celui de l’air et de marcher sur la terre ; passant d’un univers à l’autre, il incarne la capacité de passer du monde profane au monde sacré, pur, divin. Et c’est effectivement un des miracles qu’accomplira Narmer, en ouvrant à toute une civilisation la porte qui permettra aux deux mondes visibles et invisibles, profanes et sacrés, d’être unis dans une harmonie parfaite, rejaillissant sur tout le peuple comme une source intarissable de bienfaits. En utilisant ce pouvoir divin d’unir les mondes, Narmer fit naître un nouvel univers, prolongeant ainsi l’œuvre du Créateur, Atoum.

Mer, « le ciseau du sculpteur », est également un élément fondamental du nom de Narmer, le premier Pharaon. Il renvoie à la nécessaire qualité d’artisan du roi, qui doit façonner des statues où habitera l’âme des Dieux et construire des temples comme leurs lieux de résidence dans notre monde. Ainsi, à travers la simple évocation du nom de ce premier grand Pharaon, on peut déjà voir à quel point la mission de Narmer était immense ; il réussit néanmoins à l’assumer, et l’on ne peut éprouver qu’une profonde admiration, voire de la vénération à l’égard d’un tel chef d’Etat, au cœur si vaste qu’il bâtit une œuvre pétrie de lumière et d’immortalité.

LA : Comment Narmer est-il parvenu à s’élever jusqu’à la royauté ? A-t-il reçu une formation particulière ? Avait-il un Maître spirituel qui l’a initié et préparé pour accomplir sa mission ? « L’Ancêtre » que vous décrivez de cette façon dans votre roman correspond-il à un personnage historique mentionné par les hiéroglyphes d’Abydos ?

CJ : Bien entendu, comme je le décris dans mon roman, Narmer n’était pas tout seul et n’est pas descendu du ciel comme un « Pharaon tout fait, tout prêt ». Comme tous les Pharaons qui lui succèderont, Narmer a reçu un enseignement très élevé qui était réservé aux élus, c’est-à-dire à des êtres qui étaient prédestinés à accomplir une mission de la plus haute importance, une mission collective pour le bien de l’humanité et de la terre entière.

Effectivement, « l’Ancêtre », qui est une des figures centrales du roman, était de toute évidence un grand hiérophante, un Maître spirituel qui connaissait l’origine et la destinée du monde et qui savait qu’entre les mains de Narmer reposait la responsabilité d’un moment-charnière de l’histoire de l’humanité. Narmer a donc du être initié et préparé de longues années et traverser de rudes épreuves avant de pouvoir accomplir sa mission. Ainsi en a-t-il été pour tous les grands Maîtres spirituels comme Moïse, Bouddha, Jésus qui ont montré le chemin d’une évolution véritable par leurs vies et leurs œuvres consacrées à la victoire et à l’avènement dans notre monde d’un monde supérieur, divin, éternel.  

LA : Quelles étaient les fonctions principales d’un Pharaon ? Quelle était sa mission dans l’ordre du monde ?

CJ : Le miracle de Pharaon, que Narmer fut le premier à réaliser, consiste dans l’unification de toutes les forces créatrices du cosmos non seulement dans le corps d’un homme divinisé et sanctifié par les épreuves de l’Initiation mais également dans un gouvernement et un peuple tout entier. Ainsi, l’homme qui devenait Pharaon n’était plus vraiment un homme ; il devait se tenir en permanence sur un fil, ayant la tâche privilégiée et tout aussi ardue d’être l’intermédiaire entre le visible et l’invisible ; il était le sommet de la pyramide de l’humanité, le grand unificateur du Ciel et de la Terre, du monde des Dieux avec le monde des hommes.

Le mot « Pharaon » lui-même vient de « per-aâ » qui signifie, « Grand Temple » ou « Grande Maison » et « Egypte » ou « Egy-Ptah » veut dire la « Maison de Dieu », du grand Dieu Ptah, le Dieu de tous les Dieux. Ainsi, Pharaon était l’Egypte tout entière, la Grande Maison, la Maison de Dieu et des Dieux qui contient la terre et l’humanité toutes entières.   

Pour les Egyptiens et cette lointaine humanité en général, leur survie était liée au bon vouloir des Dieux ; mais ils savaient également que l’accès au monde des Dieux n’est pas à la portée de tous et demande une consécration intégrale et fidèle de l’homme qui doit être dûment éprouvé par le feu des épreuves de l’Initiation. Seuls quelques rares initiés parvenaient à traverser ces épreuves jusqu’au bout et pouvaient alors être acceptés dans l’entourage de Pharaon pour le porter et le soutenir dans l’accomplissement de sa mission divine, collective et impersonnelle.

LA : Comment se déroulait la vie quotidienne d’un Pharaon ?

CJ : La journée d’un Pharaon n’avait rien à voir avec celle d’un potentat oriental ou d’un chef d’Etat actuel. Dès l’aube, il devait accomplir avec ses prêtres et ses prêtresses les rituels qui appelaient la bénédiction du soleil et de la Lumière divine sur tout le royaume. Ensuite, il devait aller voir ses ministres, le vizir et s’assurer de la bonne marche et organisation des affaires de l’Etat ; puis il y avait le rituel du midi et les affaires continuaient jusqu’au soir ; et la fin de la journée était de nouveau ponctué par un rituel afin que le soleil entre dans les profondeurs de la terre pour la fertiliser de tous les fruits et œuvres accomplis au cours de cette journée offerte aux Dieux. Ainsi, la vie d’un Pharaon se résumait à un dévouement total pour son peuple et la terre entière et ce n’est pas par hasard si l’une de ses appellations majeures était hem, ce qui signifie « serviteur ». En égyptien, on dirait que le rôle de Pharaon était de travailler sans relâche pour que  Maât  (l’ordre, la justice) soit mise à la place d’Isefet (le chaos). Telle était sa mission, par-dessus tout. »

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