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Les Cathares

Auteur : Jean-Louis Gasc

Rubrique : Courants spirituels

 

En octobre 2016, l’Eglise catholique de l’Ariège a demandé pardon pour les crimes commis contre la communauté cathare. Elle s’est excusée pour les épouvantables méfaits de la croisade albigeoise qui eurent lieu depuis Béziers en 1209 – où 20 000 innocents furent massacrés – jusqu’à Montségur en 1243. Elle a également demandé pardon pour les actes abominables de l’Inquisition – perpétrés au nom même du Dieu de l’amour – qui extirpa totalement les croyances cathares par une extrême violence faite aux femmes et aux hommes de ce pays occitan.

Mais au-delà des tragédies du passé, connais-t-on réellement ces êtres porteurs d’une tradition millénaire ? Qui étaient donc ces Cathares ou Albigeois, ces chrétiens dissidents qui ont recherché les valeurs du christianisme des origines, souvent dévoyées par l’Eglise romaine ?

Montségur, le mercredi 16 mars 1244. Deux cent vingt torches humaines se consumaient ici, au pied de la montagne. Seul dans la nuit, les pieds dans la neige, sous la lune qui brille, j'ai l'impression de piétiner leurs cendres. J'imagine Corba, la femme du seigneur Raimond de Péreille faisant ses adieux à ses filles. ]'imagine les petites maisons frileuses, regroupées autour du donjon, la fumée s'échappant des toitures en bardeau pour recouvrir d'un voile pâle tout le sommet du pic. La nuit était-elle froide et claire comme aujourd'hui ? Ceux qui avaient choisi de mourir dans leur foi, dans quelle espérance avaient-ils enfoui la peur du bûcher et des flammes ? Dans l'obscurité, pareils à la voûte céleste, les feux des campements croisés devaient illuminer les champs aux alentours.

Deux ciels opposaient dans la nuit leurs étoiles : celui du prince de ce monde et puis celui, plus lointain d'une terre nouvelle, Royaume d'un Dieu dont l'infinie bonté sauverait tous les hommes. L'aventure cathare se résumerait-elle à cette opposition, entre deux Églises qui ont donné au message des évangiles des interprétations divergentes ?

« Une Église qui fuit et pardonne, l'autre qui possède et écorche ». Le Bon Homme cathare, Pèire Autier, prêchait ainsi avant que les flammes de l'Église de ce Monde ne le dévorent à son tour.

Des « Bogomiles » ou « aimés de Dieu »
aux Cathares

En Bulgarie, entre Sofia et la mer Noire, l'antique Philipopouli, l'actuelle Plovdiv est aussi appelée la ville aux sept collines. C'est sur l'une d'entre elles, au détour d'une rue, que l'on peut admirer une coquette maison où Lamartine a séjourné. Un peu plus haut, un large promontoire rocheux domine un théâtre antique. Les étudiants des Beaux-arts viennent y peindre et y dessiner à leurs heures perdues, laissant sur les rochers les multiples couleurs des pinceaux qu'ils essuient.

Au tout début du XIIe siècle, Anne Commène, fille de l'empereur byzantin Alexis Ier, écrivait dans son « Alexiade », à la gloire de son père, qu'il y avait à Philipopouli : « une immense nuée d'hérétiques. » Elle accuse tous les habitants de la ville d'être des manichéens, « sauf un petit nombre. » Elle ajoute que cette hérésie était nouvelle et y voit un mélange de manichéens qu'elle appelle aussi Pauliciens, et de Massaliens qui, amalgamés aux premiers, ont donné la « doctrine bogomile. »

Pendant des années, des générations d'historiens ou d'écrivains du catharisme ont cultivé l'idée qu'une mystérieuse filiation aurait pu, depuis Zoroastre, se transmettre de manichéens en pauliciens, de pauliciens en bogomiles et de bogomiles en cathares occidentaux. Cette filiation nourrit une littérature ésotérique et commerciale, conduisant l'Histoire officielle à dédaigner, comme peu sérieux, ce sujet d'étude. Une mode historiographique récente cherche même à réfuter tout lien entre ces bogomiles bien orientaux et nos cathares occidentaux, quelquefois au prix d'une certaine distorsion des sources.

Pourquoi ne pas reconnaître dans ces chrétiens dissidents d'Orient et d'Occident, des Églises sœurs ?

L'unité de leurs rituels, leur sacrement de baptême, leur pratique ecclésiale et leur vision commune du Monde et du Salut attestent que ceux que le XIIe siècle va appeler cathares en Allemagne, piphles dans les Flandres, patarins en Italie, christopolites en Grèce, phoundagiates en Asie Mineure et albigeois clans le Midi, font partie d'un même mouvement religieux, et ont conscience d'être entre eux des frères.

Bogomiles et Cathares,
Les points communs

A l’instar des cathares, les bogomiles ne vénèrent pas la croix :

« Si quelqu'un avait tué le fils du roi avec un morceau de bois, est-ce que ce bois pourrait être cher au roi ? » (...) Ils coupent les croix et s'en font des outils. »

Ils récitent l'oraison dominicale : « En priant, ils disent : Notre Père qui es au ciel. »

Ils ne se soumettent pas aux autorités, travaillent « le jour de la résurrection du seigneur », et rejettent le sacrement d'eucharistie.

Ils ne sont pas « superstitieux » et ne croient pas aux miracles ni aux reliques.

Les bogomiles byzantins, comme les cathares occidentaux confèrent un même sacrement de baptême par imposition des mains. Cette ordination engage le fidèle à prononcer des vœux et à prendre vêture monastique. Cette pratique sacramentelle, commune à travers toute l'Europe, nous permet d'identifier un seul et même mouvement d'Église hérétique, de l'an Mil jusqu'au XIVe siècle. En 1143, les cathares rhénans avoueront : « avoir des frères jusqu'en Grèce. » Cette conscience d'appartenir à une seule et même Église se trouve renforcée dès 1167, lors du concile de Saint Félix de Caraman, en Lauragais, entre Toulouse et Carcassonne. C'est là qu'un « pope » ou « pape » ou plutôt « père » Niquinta, venu d'Asie Mineure, demande aux Église (cathares) d'Agen, Toulouse, Carcassonne, Albi et celle de France de vivre en paix entre elles, comme du temps de l'apôtre Paul, les sept Églises d'Asie…

Pour en savoir plus :

Article complet dans le magazine Essentiel n°35 – octobre-novembre-décembre 2017

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